Au lieu de faire circuler les données du disque dur à la mémoire,
comme avec l’interface IDE actuelle, la Serial ATA les transmet en série,
à très haut débit. Pour débuter, la première
implémentation de S-ATA offre un taux maximal de transfert de 150 Mo/S.
Si l’on insiste tant sur le fait que ce taux soit théorique,
c’est qu’il n’est habituellement atteint que momentanément,
lorsque des données déjà présentes dans la mémoire
tampon (cache buffer) sont de nouveau requises par le processeur. Évidemment,
les disques qui offrent une plus grande quantité de mémoire
tampon se montrent plus performants, ce qui explique que plusieurs modèles
ATA récents et tous les disques S-ATA soient maintenant dotés
de 8 Mo de « cache ». En pratique cependant, on observe des taux
moyens qui dépassent rarement 85 Mo/s sur un système récent
basé sur une plate-forme Intel, voire 45 Mo/s pour la plate-forme AMD
avec un jeu de composants de VIA.

Pour
faire transiter ces données, nous l’avons mentionné, il
n’est plus nécessaire d’avoir recours à des nappes
à 40 ou 80 fils, à la fois larges et encombrantes. L’interface
SATA n’a recours qu’à quatre fils, groupés en un
seul câble d’à peine 0,6 cm de large, dotés de connecteurs
à 7 broches. Quatre d'entre elles servent à faire transiter
les données (deux pour l'envoi et deux pour la réception) alors
que les trois autres agissent comme conducteurs de mise à la terre.
Autre avantage, les câbles peuvent maintenant atteindre une longueur
maximale d’un mètre, comparativement à 45 cm pour les
câbles IDE. Bien qu'on retrouve souvent sur le marché des câbles
IDE qui dépassent allègrement les 45 cm, ceux-ci ne respectent
pas la norme et peuvent entraîner des pertes de données ou altérer
la performance. En plus de faciliter la liaison vers des disques éloignés,
ces améliorations seront certes appréciées par quiconque
cherche à optimiser la circulation d’air à l'intérieur
de son boîtier. En prime, il sera maintenant possible de brancher les
disques durs à chaud, sans devoir au préalable avoir pris soin
d’éteindre l’ordinateur.
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Vue arrière d'un disque
ATA et d'un disque S-ATA.
On observera la disparition du cavalier.
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Établir une connectivité point à point
avec SATA est aussi beaucoup plus facile puisqu’il n’est plus
nécessaire, comme c’était le cas avec ATA, d’avoir
un périphérique rattaché au milieu du câble, ni
d'établir un maître ou un esclave en déplaçant
un cavalier. Si pour le moment la plupart des adapteurs S-ATA n’offrent
que deux connecteurs, c’est en grande partie pour ne pas surcharger
la limite actuelle de bande passante qu’offre le bus PCI.

Si déjà, on retrouve sur la plupart des cartes
mères récentes des connecteurs S-ATA intégrés,
il est aussi possible de faire l’acquisition d’une carte adaptatrice,
de type PCI, qui permettra de relier un disque S-ATA. Le modèle SATA150
TX2plus de Promise,
illustré ci-haut, est un hybride qui combine deux ports S-ATA/150 et
un port Ultra ATA 133, autorisant le branchement de deux disques S-ATA et
deux disques ATA.

Les deux fabricants impliqués dans l'élaboration
du standard offrent déjà, on s'en doute, quelques modèles
de disques durs. Ci-dessus, on aperçoit le tout nouveau Maxtor
MaxLine Plus II, qui devrait être disponible en magasin très
bientôt. Si les gains en performance sont effectivement plutôt
marginaux pour le moment, il est tout de même sage d'envisager passer
à S-ATA la prochaine fois que vous aurez besoin de faire l'acquisition
d'un disque dur, ne serait-ce que pour les autres avantages liés à
cette interface. Ceci est particulièrement vrai si sous envisagez construire
un nouveau système.